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Aux Etats-Unis, on peut désormais fabriquer une arme à feu chez soi

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Dépassée la polémique sur le contrôle des acheteurs d’armes à feu : une entreprise américaine propose à ses clients une meule automatisée par ordinateur pour les fabriquer à la maison. C’est facile, invisible…et parfaitement légal.

Le meurtre de 26 paroissiens dans l’église de Sutherland Springs, le 5 novembre dernier au Texas, a relancé pour la énième fois le débat sur le contrôle des armes à feu aux Etats-Unis. Devin Patrick Kelley, l’auteur de ce massacre, s’était équipé d’un fusil d’assaut AR-15 de façon tout à fait légale. L’armée de l’Air, dont il a été chassé pour violences conjugales, avait oublié de signaler sa condamnation. Faut-il renforcer les contrôles ? Améliorer le suivi administratif des infractions ? Les Américains demeurent partagés et 40% d’entre eux restent hostiles à une hausse des contraintes sur les ventes d’armes.

Ce débat est pourtant en passe d’être dépassé. Aux Etats-Unis, ceux qui le souhaitent n’ont même plus besoin de se rendre chez un armurier pour acheter leurs armes. La nouvelle tendance, depuis quelques années, c’est de les fabriquer soi-même à la maison. Il n’y a pas besoin de déclarer quoi que ce soit et c’est parfaitement légal. Ces fusils et ces pistolets, dénués du moindre numéro de série et qui échappent à tout suivi administratif, sont ce qu’on appelle des « armes fantômes ».

« Ghost Gunner »

Aux Etats-Unis, chacun est libre d’acheter la majeure partie des pièces de n’importe quelle arme sans la moindre déclaration officielle. Seule exception, la « partie basse » du fusil qui est indispensable à l’assemblage et pour laquelle il faut montrer patte blanche. Les tireurs les plus assoiffés de discrétion peuvent cependant, en toute légalité, fabriquer eux-mêmes cette partie basse et ne jamais en informer aucune autorité. Quelqu’un qui a des antécédents judiciaires lui interdisant l’achat d’une arme peut donc la faire lui-même sans se faire remarquer. Mais pendant longtemps, il fallait avoir de sacrées compétences techniques pour y parvenir.

Les imprimantes 3D ont changé la donne au début des années 2010. Grâce à elles, les amateurs peuvent réaliser à l’aide de couches successives de plastique des pièces d’armes à feu. Mais les technologies actuelles demandent encore un certain talent pour réaliser les finitions indispensables à un résultat de qualité. Dans la majeure partie des cas, de telles armes resteront relativement fragiles.

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