Atelier régional de journalistes Culturels: Racine Senghor sur le monument de la renaissance

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Du 11 au 16 décembre 2017, s’est tenu à Dakar, un atelier de formation de journalistes  culturels sur la critique face aux enjeux culturels.

Les participants à l’atelier régional de Dakar, photo zoneafrique.net

Organisée par l’Organisation Internationale de la Francophonie, cette session de formation a réuni vingt-cinq journalistes venus de la Guinée-Conakry, du Bénin, du Togo, du Mali, du Burkina Faso, du Niger, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie et du Sénégal.

Lors de l’ouverture des travaux, présidée par Abdou Latif COULIBALY, ministre Sénégalais de la Culture, M. Toussaint TIENDREBEOGO, spécialiste du Programme de l’OIF dira que la promotion de la diversité culturelle reste au cœur des préoccupations de l’Organisation de la Francophonie.

Toussaint Tiendrébéogo, spécialiste de l’OIF, photo zoneafrique.net

‘’Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mission de promotion de la diversité culturelle et linguistique consacrée  par la charte de la Francophonie’’ a-t-il indiqué dans son discours.

De son côté, le ministre Sénégalais de la Culture a rappelé le rôle des journalistes culturels au sein de la société. Selon Abdou Latif COULIBALY, les journalistes culturels jouent un rôle médiateur auprès des publics et des décideurs politiques.

Abdou Latif Coulibaly, ministre Sénégalais de la Culture

« Leurs paroles et leurs écrits ont un poids qui compte. Les journalistes culturels sont des acteurs incontournables pour contribuer à l’amélioration du niveau de compréhension des enjeux culturels auprès des populations. » a déclaré le ministre de la Culture du Sénégal.

Durant une semaine, les journalistes ont été outillés sur la méthodologie de traitement de l’information culturelle, l’analyse des œuvres cinématographiques, architecturales et littéraires, mais aussi ont appris à établir le rapport entre artistes et médias.

Des journalistes dans l’enceinte du monument, photo zoneafrique

Par ailleurs, ces journalistes ont effectué une visite guidée dans le site du monument de la renaissance africaine et ont profité pour réaliser d’interviews avec l’administrateur du monument, Racine Senghor.

En quatre questions, retrouvez ci-dessous l’entretien que notre reporter a réalisé avec Racine Senghor dans l’enceinte du monument.

Monument de la renaissance africaine, photo zoneafrique.net

Lisez !

www.zoneafrique.net: En quoi est-ce que le monument symbolise la renaissance africaine ?

Racine Senghor, administrateur du monument de la renaissance, photo zoneafrique.net

Racine Senghor : D’abord, il faut considérer le site du monument pour bien comprendre le symbolique. Vous êtes ici à  DAKAR au Sénégal à Ouakam au bout de la presqu’île du Cap-Vert. C’est la partie la plus Occidentale de l’Afrique, la partie la plus avancée de l’Océan Atlantique et c’est le point qui fait face directement aux Amériques à peu près 4 heures de vol de ce continent. Toute l’énergie africaine est entrée par cette partie.

Si on prend une partie qui nous conduit sur cette pointe des Almadies, la pointe de la presqu’île du Cap-Vert, est  l’énergie de la renaissance. La statue est également posée sur le relief le plus élevé. Cette partie est la plus en avant sur les collines des Almadies, c’est à dire  les mamelles. Il y en a deux.

Sur l’une des mamelles le phare d’Agar, il y a plus d’un siècle qui a éclairé  tous les navires qui venaient en Afrique sur l’Océan Atlantique. Le phare qui indique les côtes pour ne pas que les navires fassent des catastrophes, c’est très symbolique.

Sur la deuxième colline, se trouve le monument de la renaissance africaine depuis 2010. Mais les mamelles jouent un rôle très symbolique, les mamelles servent à nourrir. Tout cela est symbolique.

Ces deux mamelles ont une histoire, une légende qui est racontée par l’un des plus grands conteurs africains qu’on appelle BIRAGO DIOP. Vous avez dû lire ou écouter les contes de Birago Diop ‘’Amadou Koumba’’.

Birago Diop qui a écrit un conte sur les mamelles qui en explique la mythologie, les mythes originels, un habitant de OUAKAM, sa tombe se trouve juste en dessous du monument, le cimetière de OUAKAM. C’est juste là que Birago Diop est enterré.

Et derrière ce mythe, il y a une femme qui signifie chez nous beaucoup des choses. Ça qui signifie la maternité de vie également.

La statue elle-même, de par sa position géographique, représente une famille qui n’est pas une grande famille : le père, la femme et l’enfant.

Les deux semblent sortir des profondeurs de la terre avec une grande énergie. Vous voyez la puissance de ces figures qui sont présentées si nous propulsons sortir de la terre qui aspire à la lumière au soleil. Et au bout,  il y a un enfant dont le doigt est projeté en avant, c’est très significatif. L’initiateur nous parle d’un couple qui sort du volcan.

Ces profondeurs-là d’où ils sortent,  c’est la plus obscure de l’histoire africaine, la colonisation, l’esclavage etc…

Vous avez remarqué que la fresque que vous avez vue en bas pour ressourcer l’histoire qui commence par le commerce triangulaire. Ils sortent de cette histoire d’asservissement, de cette histoire obscure, esclavage, maltraitance, le mépris… on a dit que l’esclavage est un crime contre l’humanité.

L’idée qui est derrière tout cela, c’est de donner aux africains une bonne appréciation, de prendre conscience d’un rôle à jouer pour la culture, par l’action, par l’éducation le savoir-faire.

SENGHOR disait : ‘’apporter, c’est une contribution au rendez-vous du donner et du recevoir’’.

www.zoneafrique.net : Ya -t-il pas un paradoxe que ce monument consacré à la renaissance africaine soit réalisé par des nord-coréens ?

Racine Senghor : Non, c’est un appel de construire un monument, qui a été lancé. Dans ce cas, il n’y a pas de paradoxe du tout. L’art est universel, la production artistique est universelle. Il ne faut pas se faire des complexes. La mathématique, la physique, l’astrologie sont nées en Afrique.

Ceux qui l’ont réalisé, c’est des techniciens de la Corée du Nord, ils l’ont fabriqué ils ne l’ont pas pensé, ils ont été employés comme ouvrier pour le faire.

www.zoneafrique.net: Il y a trop de polémique au tour du concepteur de ce monument. Dites-nous qui a été à l’origine de ce projet de ce monument ?

Racine Senghor : Je ne connais pas (rires). On peut avoir des points de vue différents.  Ousmane  Sow qui était un grand sculpteur de l’Afrique, a travaillé pour la réalisation de ce projet  du monument, semble-t-il. Le président  Abdoulaye Wade aussi a travaillé,  il a écrit un livre ‘’le destin de l’Afrique’’, vous verrez des paragraphes qui parlent de ce projet de monument.

www.zoneafrique.net : Quels sont les critères d’expositions dans ce monument ?

Racine Senghor : C’est nous qui décidons des expositions à l’intérieur et il y’a d’autres qui nous proposent. Nous étudions et nous réalisons ces expositions. Vous avez vu une exposition sur Gandhi, c’est l’ambassade qui nous a proposé. On a un projet futur pour des expositions avec les institutions comme notre partenaire l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Par Thierno Souleymane Bah, envoyé spécial à Dakar.

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