Violences en Guinée : les mises au point de la coordination Haali Poular

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Dans une déclaration rendue publique ce samedi 13 août 2016, la coordination nationale Haali-Poular de Guinée a attiré l’attention des uns et des autres sur les exactions et les dénis de justice subis par des citoyens et certaines communautés du pays depuis l’élection présidentielle de 2010.

Haali Poular, quelques membres de la coordination haali poular

Haali Poular, quelques membres de la coordination haali poular

Les doyens et sages de cette coordination ont motivé leur démarche par le souci de la ‘’préservation de la paix et de l’unité nationale dans leur cher pays, la Guinée.

Sans prétendre être exhaustifs, les doyens des ressortissants du Haali Poular ont cité, entre autres, les violences physiques, pillages et destruction de biens mobiliers et immobiliers appartenant à des ressortissants du Fouta, notamment à Siguiri, Kouroussa en 2010, l’assassinat à balles réelles par les forces de l’ordre de plus de 70 guinéens ou encore les tueries sélectives en masse du bétail appartenant à des ressortissants du Fouta, ainsi que l’incendie de leur habitation à Beyla, puis à Kassadou, dans Kissidougou, les répressions de Saoro et de Zogota et le cas de Mali Yimbering.

Par ailleurs, la coordination invite, d’une part, au gouvernement guinéen à prendre toutes les mesures idoines pour que les auteurs de ces faits soient jugés et condamnés, d’autre part, à l’opposition, au chef de l’Etat et aux institutions republicaines à privilégier le dialogue pour éviter à la Guinée ”la résurgence des démons de la violence’’.

Ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue au nom du doyen El hadj Saikou Yaya Barry par El hadj Ibrahima Diallo.

El hadj Ibrahima Diallo, membre de la coodination Haali Poular

El hadj Ibrahima Diallo, membre de la coodination Haali Poular

Soucieuse de la préservation de la paix et de l’unité nationale de notre cher pays, la Guinée, la Coordination Nationale Haali Poular de Guinée se fait de nouveau le devoir d’attirer l’attention de tous les guinéens, de quelque origine ou de quelque bord politique qu’ils soient, ainsi que des gouvernant et de la communauté internationale, sur les exactions, les dénis de justice, subis par de simples citoyens et par certaines communautés jusque dans leur dignité et intégrité depuis l’élection présidentielle de 2010. Sans prétendre à l’exhaustivité, nous citerons :

Les violences physiques, pillages et destruction de biens mobiliers et immobiliers subis par les ressortissants du Fouta, notamment à Siguiri, Kouroussa entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2010, sous le prétexte fallacieux d’eau de boisson empoisonnée.

L’assassinat à balles réelles par les forces de l’ordre de plus de 70 guinéens, en majorité jeunes, coupables d’oser jouir du droit de manifester pour obtenir la tenue des élections législatives, communales et communautaires.

Les mêmes forces ont pillé depuis 2010 de nombreux commerces, de domiciles et se sont rendus coupables d’atteinte à la dignité et à l’honneur des citoyens, hommes et femmes, du seul fait qu’ils soient habitants de l’axe Hamdallaye-Bambéto-Cosa. Les pertes se chiffrent en centaines de milliards.

Les tueries sélectives en masse du bétail appartenant à des ressortissants du Fouta, ainsi que l’incendie de leur habit à Beyla, puis à Kassadou, dans Kisidougou et ne trouvaient eux-mêmes le salut que dans la fuite, ne bénéficiant d’aucune protection des autorités.

Les répressions sauvages des populations à Saoro, à Galapaye, à Lola et à Womey en Guinée Forestière, répressions accompagnées parfois de tueries inqualifiables.

Durant la campagne électorale de 2015 les guinéens ont assisté médusés à la répression des ressortissants du Fouta à Banankoro et à Kérouané, à la destruction de leurs biens et à l’arrestation de certains d’entre eux. Les forces de l’ordre s’abstenant invariablement de porter secours à personne en danger.

La répression et les arrestations sélectives orientées lors de la campagne électorale à Koundara, ont été suivies par une condamnation hâtive et tout aussi sélective de responsables d’un seul bord politique. Ils croupissent toujours en prison à Boké.

Nous ne passerons sous silence la stigmatisation et l’ostracisme dont la communauté Haali Poular a été l’objet et entrain de l’être, notamment à travers les discours, les interviews de hauts représentants de l’Etat, de responsables du parti au pouvoir, sans parler des tentatives vouées à l’échec de divisions de la communauté Haal Poular en vue de mieux la combattre, voire l’agenouiller depuis 2010.

Pour tout dire, fort malheureusement, les différentes communautés du pays sont mises dos à dos, dans le cadre d’une politique de division qui ne dit pas son nom. Ce qui constitue un net recul, notamment au plan social et politique.

La constante dans les faits ci-dessus énumérés et bien d’autres, c’est l’application en règle du deux poids deux mesures, dans le cadre d’une justice à deux vitesses, la non-intervention des autorités judiciaires et administratives en vue de poursuivre les coupables et procéder à des condamnations ou des indemnisations.

Si des promesses d’instruction, de jugement ont été parfois faites pour les affaires ci-dessus, elles sont pour l’essentiel restées en l’état sans aucune suite au grand dam des victimes.

Tous ces faits et actes répréhensibles et regrettables ont fait l’objet en leur temps de déclaration par notre coordination.

Le vendredi 17 juin 2016, le summum de la barbarie à visage découvert a été atteint à Mali, dans la commune urbaine, lorsque des militaires, sous la direction du colonel Issa Camara, se sont acharnés sur des populations ans défense, coupables à travers quelques uns de ses membres d’avoir dit assez lorsqu’un des leurs a été l’objet de violences.

En dépit des déclarations du Procureur général de la Cour d’appel de Conakry, il y a de cela plus d’un mois sur le sujet, il est aujourd’hui permis de se poser la question de savoir, s’il y bien une justice-militaire ou une cour martiale en Guinée. Aucune autorité militaire ne s’est exprimé sur le sujet, alors même que la population de Mali, vit son calvaire et réclame toujours que justice soit rendu et que les dommages subis soient connaissent une juste réparation. Au même moment, tous les indices montrent que le sieur Issa Camara n’est en rien inquiété.

La coordination nationale Haal Poular ose espérer que la justice guinéenne fera un sursaut pour gérer avec équité cette affaire de Mali, comme elle l’a fait pour celles concernant les affaires domaniaux à N’diaaré, dans Mamou.

La coordination réaffirme que tous ces faits et actes déplorables, de la plus haute gravité ne sont pas de nature à préserver l’unité et la cohésion nationales, la paix si sont nécessaires pour le salut et le développement de notre pays.

La coordination interpelle le gouvernement de la république et l’invite à prendre les mesures idoines afin que les coupables de ces faits ignobles soient jugés et condamnés à la mesure de leur forfaiture. Elle lance par ailleurs un appel au chef de l’Etat, aux institutions républicaines, à l’opposition, aux chefs religieux afin qu’un véritable dialogue s’instaure le plus rapidement possible dans le respect des engagements souscrits et éviter à la Guinée la résurgence des démons de la violence.

En tout état de cause, la Coordination Nationale Haal Poular, y compris à travers ses démembrements, observe de près cette situation et estime que l’inaction et le manque d’équité face aux dénis de justice, sont susceptibles de conduire à des conséquences désastreuses.

Que Dieu dans sa miséricorde, nous mène sur le chemin de la vérité et fasse que le droit soit dit et appliqué pour le plus grand bien de notre pays et de nos populations.

Conakry, le 13 août 2016

Le président

Elhadj Saikou Yaya Barry, compagnon de l’indépendance.

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