Sort des Migrants africains en Israël : Netanyahu fait marche arrière

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En moins de 24 heures, le Premier ministre israélien a fait revirement spectaculaire à propos de la situation des migrants africains vivants en Israël. Benyamin Netanyahu avait annoncé, lundi 02 avril 2018, la conclusion d’un accord avec le HCR, Haut commissariat de l’ONU pour les Réfugiés, sur le sort des près de 40 000 Erythréens et Soudanais entrés illégalement en Israël.

Un peu plus de 16 000 devaient être réinstallés dans des pays occidentaux et au moins autant devaient recevoir le statut de réfugié en Israël. Mais sous le feu des critiques d’une partie de sa coalition, il a décidé dans la soirée de suspendre cet accord.

Et ce mardi matin, après avoir reçu des représentants d’organisations réclamant l’expulsion de cette population étrangère, Benyamin Netanyahu a décidé d’annuler purement et simplement cet accord.

Après une rencontre avec les représentants des résidents du Sud de Tel Aviv opposés à la présence des Erythréens et Soudanais dans leurs quartiers, le Premier ministre a finalement cédé totalement à ces revendications. Lui qui est mis en cause dans plusieurs affaires de corruption et qui risque une mise en examen est affaibli politiquement. Il ne peut se permettre de froisser une partie de son électorat.

Un revirement que Benyamin Netanyahu justifie sur son compte Facebook:

« chaque année, je dois prendre des milliers de décisions pour l’Etat et les citoyens d’Israël. De temps en temps, une décision doit être repensée», écrit-il.

Mais le Premier ministre est désormais sous le feu des critiques de son opposition qui voit dans son revirement une faiblesse et une incapacité à prendre des décisions importantes.

Que vont devenir ces migrants ?

Ce recul du Premier ministre est un retour en arrière. Benyamin Netanyahu enterre ce plan qui prévoyait le départ de plus de 16.000 de ces migrants vers des pays occidentaux. Mais il reconnaissait lui-même hier que le plan précédent qui visait à expulser vers des pays tiers en Afrique ces ressortissants érythréens et soudanais ne pouvait être mené. Il accusait une organisation juive et l’Union européenne d’avoir fait pression sur le Rwanda pour qu’il dénonce l’accord conclu avec le gouvernement israélien.

Et en désignant nommément le Rwanda, qui a toujours réfuté être impliqué dans ces projets israéliens, Benyamin Netanyahu s’est attiré les foudres de Kigali. Un officiel rwandais assurait à la radio nationale israélienne ce matin qu’ils « répondront prochainement à ces affirmations ». Toute expulsion vers le Rwanda semble donc plus que jamais compromise.

Avec RFI

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