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Portrait : à la rencontre d’un journaliste au parcours atypique

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Boubacar Sanso Barry est une perle rare au sein de la jeune génération de journalistes guinéens. Avec un parcours atypique des plus ordinaires, il a fait l’école primaire et le collège à Maférinyah, dans la préfecture de Forécariah où il a décroché le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) en 2000 avant de poser ses valises à Conakry. Là, il est inscrit au lycée Bonfi en Sciences sociales.

Sanso Barry, journaliste

Ayant décroché avec brio en 2003, défunt Concours d’accès aux institutions d’enseignement supérieur, Sanso est orienté en Sociologie à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry d’où il sort avec un diplôme de Maîtrise en 2007.

Passionné du journalisme depuis sa tendre enfance, le jeune diplômé, quoique n’ayant pas fait une filière de journalisme à la Fac, a eu pour réflexe de solliciter des entreprises de presse un stage pratique. Ce n’est qu’en septembre 2010  que la chance lui sourira avec M. Justin Morel Junior, ancien ministre de la Communication et de la culture et co-fondateur du site internet Guineeconakry.info.

Ayant appris que M. Morel était à la recherche d’un rédacteur, Sanso est tout de suite encouragé par un ami qui lui demande d’aller tenter sa chance, parce que convaincu de la capacité rédactionnelle et du sens élevé de discernement et surtout d’analyse du génie de Barry.

Sur la base d’un test donc, le jeune Sanso fait prévaloir son potentiel. Et un stage de trois mois lui est tout de suite accordé, et qui débouche peu après sur un emploi en temps plein. L’encadrement de Justin Morel Junior aidant, le jeune Barry est renforcé dans sa conviction de mener cette profession à laquelle il est fier de s’identifier plus que quiconque aujourd’hui.

Sanso Barry, journaliste

L’actuel administrateur général du site internet d’informations générales Ledjely.com, Boubacar Sanso Barry est un tendre époux et père d’un joli garçon de 8 mois. Sobre et modeste, il reste pourtant une référence dans le domaine où il excelle de façon fulgurante. En témoigne la citation régulière d’extraits de certains articles de son médium par ses confrères de RFI dans leur revue de la presse africaine.

La pertinence des analyses, la qualité de la rédaction et l’orientation éditoriale de Ledjely.com sont autant de facteurs qui militent en cette faveur. Une démarcation que le site a bien su faire dans un pays où foisonnent les sites d’informations. En ce sens qu’il est un des rares organes de presse guinéens à proposer des analyses authentiques et systématiques de l’actualité nationale et plus loin, hors de la Guinée. Donc, africaine et même internationale.

« Un choix que nous assimilons à une modeste contribution à la nécessaire unité de l’Afrique », justifie Sanso Barry, tout souriant.

Cependant, le journaliste a sa lecture de l’exercice du journalisme en Guinée. Cette presse qui a connu une profonde mutation ces dernières décennies, due notamment à la libéralisation des ondes et à l’explosion de l’Internet.

« Le ton est désormais plus libre. L’opinion, plurielle. Et l’information, quasi-instantanée.  Animée par une nouvelle génération de jeunes très dynamiques, la presse s’efforce jour après jour, de relever les défis qui sont les siens dans la dynamique de la consolidation de la jeune démocratie guinéenne. Une mission dont elle s’acquitte dans un contexte qui exige d’elle plus de qualification et de responsabilité, et dans un environnement socioéconomique qui n’est pas des plus enviables », dresse notre interlocuteur en guise de regard, avant d’ajouter que « le défi de la qualification de la presse guinéenne, est une tâche commune à tout le monde ».

Sanso Barry, journaliste

Atteint d’un handicap qu’il traine par devers lui depuis à l’âge de 4 ans, Sanso a aussitôt perdu l’usage de ses jambes du fait de la poliomyélite. En dépit des multiples efforts consentis en vain, il ne pourra plus jamais se tenir débout. Mais ses parents, comme guidés par la Providence, ont investi dans la formation de leur enfant déficient moteur. Des sacrifices qui ont fini par payer. Puis qu’aujourd’hui, de par la qualité de ce qu’il sait bien faire, Sanso force admiration, respect et considération tant dans sa corporation qu’au sein des milliers de lecteurs qui le suivent à travers le monde. Chose qui relativise considérablement son handicap et qui le classe loin à l’écart de l’oisiveté et de la mendicité.

Boubacar Sanso Barry compte à son actif plusieurs prix honorifiques et autres distinctions dans le domaine. En décembre 2013, il est gratifié du 1er prix de la presse en ligne suite au concours pour une meilleure pratique du journalisme en Guinée, organisé par l’APAC-Guinée. Le 23 avril 2014, à l’initiative du Réseau des journalistes économiques de Guinée (Rejeg) appuyé par la Banque mondiale M. Barry reçoit le 1er prix de la presse en ligne dans le concours dit du ‘‘Reporter du développement ». Mais aussi le 24 mai 2014, lors de la 4ème nuit du Djassa d’or, Sanso Barry est sacré Meilleure plume et meilleur journaliste de l’année.

Par Mady Bangoura

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