Musique : l’utilisation des langues locales comme marque de fabrique des artistes guinéens

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La musique guinéenne, forte d’une diversité incontestable, est entrain de migrer vers l’utilisation des langues locales comme instrument pour offrir au public un style propre à la Guinée.  

Ces artistes, utilisant généralement les langues du terroir pour évoquer le quotidien de leurs compatriotes, veulent rompre avec les vieilles habitudes. C’est-à-dire, ‘’imité le style occidental ou  reprendre les standards des groupes américains ou français’’.

« Notre marque de fabrique consiste à utiliser toutes les langues parlées dans notre pays. On peut prendre un mot chez les soussous et le donner du sens dans tout le pays » a confié un artiste guinéen  en herbe.

Mohamed Soumah, manager de son état insiste à ce que les artistes guinéens se débarrassent ‘’ des clichés importés d’ailleurs’’.

« Quel est l’intérêt d’un clip avec un jet privé où le texte parle de mauvais état des routes d’un  pays » s’interroge-t-il.

L’important, selon Bhoye Barry, journaliste culturel, est de faire en sorte que ces artistes ne tombent pas uniquement dans ‘’le folklorique’’ au détriment de ‘’l’ authenticité’’

« Il y’ a un manque des ressources financières et technique. Les artistes guinéens sont aussi confrontés à difficultés liées à la diffusion et de détection des talents» a estimé Bhoye Barry.

Dans la majorité, les artistes guinéens se plaignent le plus souvent des cas de piratage dont ils sont victimes.

La faible vente des disques s’explique en raison du piratage, selon un opérateur culturel ayant requis l’anonymat, rappelant aussi que « les artistes ne survivent que grâce aux clubs où s’organisent les concerts’’. Mais, regrette-t-il ‘’ la plupart des soirées sont financées à perte’’.

Cet état de fait retire aux artistes toute possibilité d’issue professionnelle, car rien ne sert de demander aux jeunes de payer à l’entrée si c’est pour avoir une salle vide » a-t-il dénoncé.

Aux yeux de certains analystes, le gouvernement guinéen n’a pas compris le business que la musique pourrait générer. Ces derniers estiment que c’est grâce à Internet, notamment les réseaux sociaux que les artistes guinéens parviennent peu à peu à sortir de l’ornière.

«  Sans Internet, notre musique n’allait pas dépasser nos frontières. Internet oblige les musiciens à remplir certains critères indépendamment de leurs cultures.

Th. Souleymane Bah

Tel : 00224 621 79 22 85

souleymanepresse@gmail.com

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