Kindia: le défi principal d’un jeune entrepreneur agricole

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Naby Yaya SYLLA, 26 ans, Diplômé en Comptabilité et gestion d’entreprise, et son frère Ibrahima Sory SYLLA, 35 ans agriculteur. Depuis 2013, les deux frères se sont lancés dans la production d’ananas et de bananes. Avec 3 hectares au départ, ils projettent travailler sur 15 ha (5 Ha d’ananas et 10 hectares de bananes). Entretien avec Naby Yaya SYLLA, Entrepreneur agricole.

Ibrahima Sory SYLLA, agriculteur

Naby Yaya SYLLA, agriculteur

ZONEAFRIQUE : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’agriculture ?

Ma première source d’inspiration est venue de mon grand frère qui vit ici (à Friguiagbé, sous-préfecture de la région de Kindia). C’est avec lui que je travaille. Mon papa est agronome. Depuis à bas âge, j’accompagnais déjà mon papa dans sa plantation. Du coup, dès les premières heures de mon enfance, j’ai eu l’amour de la terre. Je me suis dis que mes prétentions ce n’est pas que de me limiter dans l’agriculture. Aujourd’hui je travaille dans une institution où il y a un grand fossé entre elle et l’agriculture. Mais peu importe, l’agriculture aujourd’hui c’est un second poumon pour moi. Ma source d’inspiration c’est d’abord l’amour que j’ai pour le secteur primaire en général, et  surtout la passion.

 

Avec près de 3 millions GNF au démarrage

Plus de 20 millions GNF de recettes aujourd’hui

 

Avec quels moyens avez-vous commencé cette activité ?

Tout début est certes difficile. […] vous n’allez pas le croire, mais nous avons commencé cette activité avec moins de 3 millions de francs guinéens.  Ce montant, nous ne l’avons pas eu en même temps. Mon frère et moi avons créé une caisse. Moi je vis à Conakry, lui il vit à Kindia. Dans mon salaire, chaque fin de mois, j’épargnais 300 mille GNF, lui aussi, il augmentait ce qu’il gagnait. De part et d’autre, on a réunis cet argent, lorsqu’on atteint les 2 millions 800 mille GNF, on s’est lancé dedans. Aujourd’hui, (…) on fait des recettes allant de 18 à 20 millions de francs guinéens. Pour la prochaine récolte nous estimons avoir entre 28 à 30 millions GNF.

 Quels sont vos principaux problèmes ?

Le problème majeur que nous avons dans nos plantations, c’est la gestion de l’eau et l’irrigation. Pour avoir de l’eau dans nos plantations, il faut avoir de motopompe. Et les motopompes coûtent chères. Vu que nos moyens sont limités, on est obligé de nous procurer des petits générateurs pour irriguer nos champs.  Si ce problème est résolu, notre production va s’accroître.

 [Devenir  les plus grands producteurs et exportateurs des agrumes en Guinée]

 Comment votre vision dans ce secteur a évolué au fil des années ?

Naby Yaya SYLLA, agriculteur

Naby Yaya SYLLA, agriculteur

Les effets sont positifs, parce que quand tu commences avec deux hectares et après trois ans tu te retrouves avec 6 ha, on peut dire qu’il y a une progression. Dieu merci (…) même si aujourd’hui nous n’avons pas tout ce que nous voulons réellement dans cette entreprise, mais nous disons que l’évolution est progressive. Je suis à mesure de vous dire que nous pouvons atteindre notre objectif dans cet entreprenariat. Nous souhaitons dans un avenir très proche être les plus grands producteurs, les plus grands exportateurs des agrumes en République de Guinée.

 [Parvenir à l’autosuffisance alimentaire pour la Guinée et la CEDEAO]

 Quel est votre principal défi dans cette activité ?

Notre principal défi d’abord, c’est de parvenir à l’autosuffisance alimentaire pour toute la Guinée et la sous région ouest africaine. Aujourd’hui, ce que nous produisons ici, nous servons quelques pays de la sous-région notamment le Sénégal, la Sierra-Léone, la Côte d’ivoire et la Guinée.  L’autre défi, c’est comment valoriser nos autres 15 hectares, (5 Ha d’ananas et 10 hectares de bananes).

 Quels sont vos perspectives ?

 Aujourd’hui mon frère et moi avons trois projets : un projet sur la banane, un sur l’ananas et un sur le piment. Mais depuis 6 mois nous sommes sur ce site de 15 hectares. Nous évoluons progressivement. Nous venons de faire une récole au niveau de l’ananas qui nous a donné 18 millions de francs guinéens. C’est ce qui nous a permis  encore d’avancer sur ce chantier. Dans un ou deux mois, nous attendons de récolter de l’autre côté environs 10 tonnes d’ananas. Les bénéfices que nous allons avoir de cette récolte vont nous permettre d’avancer ici. Nous évoluons par tâtonnement, mais avec le courage,   nul ne peut empêcher une évolution. Avec la détermination, je crois qu’on pourra aller jusqu’au bout. Le paradis terrestre on peut le trouver ici en Guinée. On a des milliers de terrains cultivables. L’Europe c’est vrai, chacun va suivre son destin, mais le bonheur commence d’abord à la maison.

Aliou DIALLO

664 02 05 01

Zoneafrique766@gmail.com

 

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