« I Read », la première bibliothèque mobile du Nigeria

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LIVRES – Funmi Ilori n’a jamais réalisé son rêve de fonder la plus grande bibliothèque d’Afrique. Mais finalement, quinze ans plus tard, elle a fait mieux: elle conduit des petites camionnettes remplies de livres dans les quartiers défavorisés de Lagos pour apprendre aux enfants le goût de la lecture.

« Y a-t-il des librairies au Nigeria? », a récemment demandé une journaliste française à l’auteure nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, créant une polémique. La réponse est « oui ». Et même des bibliothèques mobiles!

« Les lecteurs deviennent quoi? », lance Funmi Ilori à une quinzaine de gamins, assis sur des petits tabourets en plastique dans un camion aménagé en salle de lecture. « Des leaders! », répondent-ils en coeur.

Cet après-midi, la camionnette d’I-read (qui signifie « Je lis ») fait escale devant l’école primaire Bethel, dans le quartier populaire d’Ifako, en plein coeur de la tentaculaire ville de Lagos, capitale économique du Nigeria.

Dans la cour, toboggans et balançoires « tape-fesses » rouillent dans l’humidité ambiante. La directrice Ruth Aderibigbe reconnaît que les quelque 200 élèves de son école n’ont à leur disposition que les manuels scolaires. Car « les livres coûtent chers ».

Books on display in one of the I-READ mobile libraries on January 30, 2018. The Jazz Hole is an independent record and book store in Lagos. AFP PHOTO/STEFAN HEUNIS

Alors, quand « I Read » a toqué à la grille de l’école il y a deux ans, elle a accueilli l’initiative avec joie. « Les enfants qui sont dans le programme ont fait de grands progrès de lecture et de dictée en anglais », confie la directrice.

Assis dans le camion, un petit garçon d’une dizaine d’années agrippe « L’autre moitié du soleil », célèbre roman de Chimamanda Ngozi Adichie. Le livre est visiblement passé entre beaucoup de mains: sa tranche peine à retenir les pages.

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