Guinée : l’état des lieux des maisons carcérales de Conakry et Kindia dressé par la LIGUIDHO

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La Ligue guinéenne des droits de l’homme (LIGUIDHO) a présenté, mercredi 13 septembre 2017, l’état des lieux de certains établissements pénitentiaires en Guinée. C’était en marge d’une cérémonie de clôture de son projet d’assistance juridique et judiciaire en faveur de 200 femmes et mineurs démunis vivant dans les maisons centrales de Conakry et de Kindia.

Financé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ce projet, exécuté en six mois (mars à août 2017) est parti d’un constat amer sur les conditions de vie en milieu carcéral en Guinée.

« Nous avons fait un constat sur les infrastructures pénitentiaires et judiciaires qui sont dans un état obsolète. La plupart de ces prisons sont construites pendant les indépendances et ne répondent plus aux standards internationaux. Et puis, le tribunal pour enfant se trouve dans les locaux du tribunal de première instance de Kaloum. Normalement, on devait avoir à part un tribunal spécial pour les enfants » a déclaré Maitre Kpana Emmanuel Bamba.

Initialement prévu pour toucher 200 personnes, ce projet, rapporte le président de la LIGUIDHO a pu atteindre 215 détenus, dont 69 femmes et 146 mineurs ayant bénéficié d’un appui juridique et judiciaire efficace et gratuit’’.

Dans l’exécution de ce projet, plusieurs activités ont été menées sur le terrain. Il s’agit, notamment de l’identification des bénéficiaires, de l’appui juridique apporté à ces détenus et des échanges effectués entre membres de l’ONG et l’administration pénitentiaire et personnel judiciaire.

Grâce à l’assistance juridique et judiciaire de la LIGUIDHO, 24 femmes et 66 mineurs ont pu recouvrer leur liberté, 28 mineurs et 13 femmes ont été jugés et purgent actuellement leur peine,  53 mineurs et 31 femmes ne sont pas jugés à la clôture du projet.

«En définitive, le taux de détention provisoire qui était à 100% concernant les 215 détenus lors du démarrage du projet a été réduit à 39,06 à la fin du projet » se félicite le président de la LIGUIDHO, rapportant que le choix des maisons centrales de Conakry et de Kindia s’explique par leur ‘’surpeuplement et l’élévation du taux de criminalité dans ces deux villes’’.

En guise des recommandations, l’ONG a demandé à ce qu’on humanise les prisons du pays en reconstruisant de nouvelles  infrastructures judiciaires et pénitentiaires modernes.

« Il faut faire en sorte que le principe de la séparation catégorielle des détenus soit une réalité en milieu carcéral et mettre en place l’aide juridictionnelle. Il faut créer des activités en milieu carcéral pour permettre aux détenus de travailler et d’apprendre des métiers. Il faut également ouvrir un centre d’accueil pour les mineurs détenus » propose maitre Emmanuel Bamba.

Alpha Binta Diallo

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