Traduire

Guinée : le calendrier électoral sonne le glas d’une contestation politique

0
Chef de file de l'opposition, Cellou Dalein

Chef de file de l’opposition, Cellou Dalein

Les guinéens sont appelés aux urnes le 11 octobre 2015 pour le premier tour des élections présidentielles. C’est une annonce du président de la commission électorale nationale indépendante (CENI.

La décision de l’institution en charge de l’organisation et la supervision des élections en République de Guinée pique mal à l’opposition. Cette dernière tient vaille que vaille, à ce que les communales, attendues depuis 2005, se tiennent avant les présidentielles.

L’inversion de la chronologie des joutes électorales ouvre inévitablement un différend entre l’opposition et le pouvoir en place. Ce qui présage une nouvelle crise politique en Guinée dans les prochains jours.
Dèjà, les invectives s’invitent dans la danse.

L’opposition estime que « cette inversion de l’ordre des élections a pour but de proroger le mandat illégal des délégations spéciales et des chefs de quartier nommés par l’exécutif en violation des dispositions de la Constitution et du code des collectivités locales ».

Pour elle, l’objectif recherché par cette démarche du régime,  »est de maintenir en l’état le dispositif mis progressivement en place, en vue d’organiser, lors des élections, une fraude massive et généralisée, dont les autorités locales nommées et ne disposant d’aucun mandat électif constituent les leviers essentiels. »

Président de la CENI

Président de la CENI

Côté pouvoir, on pense le contraire. Selon eux, l’ordre des élections,’’ importe peu’’. A les entendre, la CENI est une institution indépendante.

Qu’on veuille voir la réalité en face ! La situation caresse du mauvais signe pour le sort de la Guinée après la proclamation des résultats. Mais, rien n’est encore tard. La CENI peut encore et toujours rectifier le tir, en se démarquant de toute pression, ou influence de la part d’une quelconque autorité. Car, c’est une haute responsabilité pour les vingt cinq commissaires qui composent l’institution.

Amadou Damaro Camara, RPG arc-en-ciel

Amadou Damaro Camara, RPG arc-en-ciel

Le processus électoral guinéen a été faussé depuis le début. Quatre mois avaient séparé le premier et le second tour de l’élection présidentielle de 2010 ayant porté le président Alpha Condé à la tête du pays. Les législatives et les communales devraient être organisées six mois après l’investiture du président. Seulement en septembre 2013, après trois ans, que les législatives ont été organisées.
Avec une telle allure, le schéma du second tour des précédentes présidentielles semble se répéter. Si la CENI « n’y prend pas garde, un report indéfini pointe à l’horizon », averti un observateur politique.

Alpha Binta Diallo

Partager.

Laisser un commentaire