Guinée : les étudiants invités à s’intéresser aux questions minières

0

Inciter les étudiants guinéens à s’intéresser à la gestion des ressources minières du pays, c’est l’objectif de l’ONG Action Mines à travers une campagne de vulgarisation dans certaines universités du contenu du rapport 2013 de l’ITIE-Guinée. Une conférence-débat a été organisée ce samedi 23 avril 2016 à cet effet à l’université  Roi Mohamed VI, sise à Mototo.

Le choix des universités n’est pas fortuit pour expliquer le contenu du rapport de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives-ITIE. Selon Amadou Bah, président de l’ONG AMINES la Guinée dispose d’une économie qui repose essentiellement sur les ressources naturelles. D’où une nécessité qui s’impose aux futurs cadres de bien cerner la question minière de leur pays.

Amadou Bah, AMINES

Amadou Bah, AMINES

« Si notre pays est dépendant de ce secteur, il  va falloir que les citoyens, notamment les étudiants qui sont les mieux indiqués à participer au combat pour la transparence de la gestion de cette manne soient associés. C’est pourquoi, nous avons choisi les universités pour tenir ce débat », a dit Amadou Bah pour inciter les jeunes étudiants à beaucoup plus s’intéresser au débat national.

Car, estime-t-il ‘’ceci permettra de pallier à ce fameux concept, malheureusement  que notre pays n’échappe pas, c’est le concept de la : malédiction des ressources que nous avons toujours clamé et qui a été toujours soutenu par certaines institutions internationales’’.

D’après le conférencier, le but essentiel de l’ITIE est d’établir une transparence entre les paiements effectués par les industries extractives : les sociétés qui exploitent les mines, les gaz ou encore les pétroles- et les revenus perçus par les gouvernements afin de rendre accessible ces informations au public.

Abdoulaye Sylla, conférencierIl y’a un paradoxe de constater que des pays qui sont très riches en ressources extractives et que les populations vivent en dessous du seuil de la pauvreté, a fait remarquer M. Abdoulaye Sylla qui pointe du doigt la mauvaise gouvernance caractérisant la plupart des Etats .

« Si les revenus sont gérés de façon efficace, ça peut aboutir au développement économique. Si ces revenus sont mal gérés, ça peut aboutir au chaos : d’abord, il y aura des revendications, de l’incivisme, des violences et des guerres civiles. C’est le cas de la RDC, du  Liberia, de la Sierra Léone(…)» a expliqué M. Sylla.

Parlant, du rapport 2013 de l’ITIE-Guinée, le conférencier a indiqué que celui-ci a été accouché dans la douleur, expliquant les circonstances dans les quelles, le contrat a été signé.

« Nous avons eu des difficultés avec le bailleur de fonds pour le recrutement de l’administrateur indépendant(…) » rapporte le conférencier.

Au compte de l’exercice 2013, 33 entreprises-ayant effectuées des paiements significatifs, dont la valeur est estimée à 700 millions GNF- ont été examinées pour l’élaboration du rapport. Parmi ces entreprises, le conférencier a cité entre autres : SMD, SAG, SBK, CBG, China Power….

Le montant global versé par ces entreprises  s’élève à 2.084 290 088 GNF soit 301. 164 USD.

Alpha Binta Diallo

www.zoneafrique.net

zoneafrique766@gmail.com

Partager.

Laisser un commentaire