Guinée : des efforts déployés pour des élections locales apaisées

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La tenue d’élections en Afrique est souvent marquée par des manifestations parfois meurtrières. Dans le but d’aboutir à des élections locales participatives, transparentes et pacifiques en Guinée, Search for common ground –SFCG/Guinée-, a initié un projet intitulé « Choisissons nos élus locaux dans la paix ».

Financé par le Programme des Nations pour le développement (PNUD), ce projet vise à sensibiliser et à créer des opportunités d’échanges avec les populations en vue de réduire les rumeurs et la désinformation autour du processus électoral à la base.

Dans la mise en œuvre de ce projet, plusieurs activités ont été menées sur le terrain. Il s’agit de la tenue des sessions d’échanges communautaires à Labé, Pita, Siguiri et à Kankan, de la réalisation des théâtres participatifs dans les villes citées ci-haut ou encore de la production et diffusion de spots audio et vidéo et de l’organisation de deux synergies régionales (moyenne et haute Guinée), selon un rapport d’activités de SFCG/Guinée consulté par zoneafrique.net.

Au niveau des sessions d’échanges communautaires, les agents de terrain de l’ONG se sont entretenus avec le  Centre d’écoute, de conseil et d’orientation des jeunes (CECOJE) et le Réseau national des communicateurs traditionnels (RENACOT). Les échanges ont porté essentiellement sur :

– Qu’est-ce qu’une élection locale et communautaire ? – A quoi sert-elle ?

– Comment faire le bon choix du candidat ? – Que peut-on faire pour que ces élections soient paisibles ? – Quelle peut être l’implication des jeunes pour des élections locales paisibles ?

Au terme de ces séances, un des facilitateurs revient sur les notions abordées et l’engouement suscité au sein de la population de Kankan et Siguiri.

Session d’échanges avec le CECOJE et les jeunes à Kankan Jeudi 25 Mai 2017 à Farako- Crédit photo-SFCG

Session d’échanges avec le CECOJE et les jeunes à Kankan Jeudi 25 Mai 2017 à Farako- Crédit photo-SFCG

 « Nous avons abordé des notions de paix et de processus électoral. La motivation, la curiosité des jeunes à comprendre des choses liées aux élections m’a beaucoup impressionnée. Aujourd’hui, le seul conseil, il faut qu’on arrête de se fonder sur des bases ethniques ou seulement politiques pour le choix de nos élus. Il doit être orienté sur les programmes de société des candidats. Donc, ce n’est ni l’ethnie, ni l’appartenance politique, ni les relations politiques », conseille Amadou Bocoum, chef  CECOJE-Kankan.

Au compte de la deuxième activité, des théâtres participatifs ont été réalisés en Moyenne et Haute Guinée. Ces spectacles de théâtres ont pour objectif de véhiculer des messages de paix, de cohabitation pacifique et du choix responsable lors des prochaines échéances locales en Guinée.

 A Labé par exemple, les activités se sont déroulées dans deux quartiers populaires (Daka 1 et Madina), sur le thème : « le choix d’un bon candidat ». Au total, plus de 600 personnes ont pris part.

Mamadou Alpha Baldé, conducteur de moto-taxi à Labé, interrogé par l’équipe de SFCG déployée sur le terrain a dit : « J’espère que les citoyens sont édifiés de ce que nous venons de voir. Notre chef de quartier sera choisi sur la base de ce qu’il est et de ce qu’il prétend faire. Nous ne nous baserons plus sur l’ethnie ou sur la région. Nous choisirons celui qui doit l’être ».

En Haute Guinée, notamment à Kankan et à Siguiri, huit théâtres participatifs (4 à Kankan et 4 à Siguiri) se sont tenus. Ils ont réuni plus de 1600 personnes.

Pascal Tamba Koundouno, réalisateur qui a réalisé ce théâtre à Kankan et Siguiri, confie que l’activité s’est bien passée. Il estime que les participants aussi en ont tiré profit.

Réalisation d’un théâtre participatif à Siguiri (Djoma), le Mercredi 31 Mai 2017-credit photo-SFCG

Réalisation d’un théâtre participatif à Siguiri (Djoma), le Mercredi 31 Mai 2017-credit photo-SFCG

« L’activité s’est bien déroulée. La population était satisfaite, parce qu’au début, les gens n’avaient pas compris le sens des élections. C’était un théâtre participatif, c’est-à dire, un théâtre où on faisait jouer aussi l’assistance. Autrement dit, nous acteurs, nous mettons des problèmes sur scène et l’assistance cherche de solutions. Si avant la tenue de ces théâtres, les gens pensaient qu’il fallait voter pour celui qui vous donne de l’argent, mais à la fin des activités, ils se sont rendus compte, selon leur témoignage,  même si c’est ton fils, s’il n’est pas capable pour l’ensemble des citoyens, il ne faudra pas le mettre devant la communauté

S’agissant de la troisième et dernière activité, deux synergies régionales (synchronisation sur les radios de tribunes d’expression populaires, tables rondes interactives, reportages terrain) ont été organisées en Moyenne Guinée et en Haute Guinée.

Le but de cette activité est de créer un cadre d’échange entre les acteurs (populations, société civile et politiques) et leur offrir une opportunité de porter leurs voix sur les points importants pour le développement et le maintien de la cohésion sociale dans le pays.

Au menu des débats, ces synergies ont tourné autour de l’avancée sur les accords du 12 octobre 2016, les changements au niveau du code électoral, les conséquences de la non-organisation des  élections locales sur le développement des collectivités et les mesures prises pour accélérer la tenue de ces élections.

Journaliste à la radio Milo FM Kankan, Fatoumata Diawara a participé à la synergie. Elle revient sur le but de cette activité.

« La synergie est organisée pour préparer la population sur les prochaines élections communales, les sensibiliser, les informer sur le processus électoral. C’est important d’organiser cette synergie parce que la majorité de la population ne connait pas le critère de choix des maires. Pour qui doit-on voter ? Qui doit voter ? Beaucoup ne savent même pas comment on peut se procurer d’une carte d’électeur. Donc, cette synergie va leur permettre de connaitre beaucoup des choses », s’est-elle réjouie.

Serge Sènou Ligan, citoyen de Kankan, ayant suivi la synergie, a apprécié les thèmes développés.

«On a remarqué depuis hier (mercredi)  que les radios  émettent les mêmes programmes. Il y a des messages de sensibilisation sur la paix qui sont véhiculés. Au terme de la synergie, j’ai compris que le choix ne doit pas se faire sur la base de l’ethnie, de religion ou quoi que ce soit. On doit les choisir en fonction de leur programme. Le choix doit porter sur l’efficacité de la personne qui se présente», a-t-il souligné.

Au total, trois résultats étaient attendus. En premier lieu, l’acquisition de connaissances par les citoyens du processus des élections communales, le rôle des élus locaux et la nécessité d’élections pacifiques.

En second lieu, ce projet vient renforcer les compétences des journalistes dans la production d’une programmation électorale informative, objective et constructive au sein des synergies régionales et de la synergie nationale.

Et en dernier lieu, les populations ont accès à une information crédible, neutre et constructive de manière quotidienne et en temps réel concernant l’avancée sur les différents accords signés, les changements au niveau du code électoral, les conséquences de la non-organisation des élections locales sur le développement des collectivités et les mesures prises pour accélérer la tenue de ces élections.

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