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Guinée: des sans abris entre contraintes et désespoir

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Le surpeuplement est devenu un phénomène majeur dans la capitale guinéenne. A l’image de toutes les communes de Conakry, Kaloum, centre administratif, compte de nos jours, de nombreux sans abris, appelés «  sans domiciles fixes ».  Faute de logements, des jeunes dorment à tour de rôle à la belle étoile. Le constat de notre reporter.

Des sans abris

Des sans abris

A l’approche de la nuit à Kaloum,  la première image qui frappe l’œil du visiteur, ce sont des nattes, des matelas, des draps ou des cendres anti moustiques installés ça et là. Toutes les  bordures de la mer sont occupées parfois même par de pères de famille.

Les témoignages de ces occupants virtuels des lieux sont pathétiques.  Pauvreté aidant, ces personnes partagent tout avec la saleté et les calamités naturelles de tout genre.

« Nous souffrons beaucoup à Conakry », témoigne un jeune rencontré au bord de la mer.

Une souffrance qui s’explique, entre autres,  par la cherté de la location et l’immixtion des certains démarcheurs dans la mise à location des bâtiments.

Aux dires de ce jeune, des sous traitants les surfacturent dans l’obtention des logements.

« Même les bâtiments à caractère public, on paye très cher.  On vous demande une avance d’un ou deux ans, lorsque  vous  évaluez le coût, il s’élève à plus de 10 à 12 millions de francs guinéens »,  se lamente un jeune ayant requis l’anonymat.

Des accusations récusées par le président de l’association des démarcheurs de Conakry. Selon ce dernier tout se passe dans la transparence. Plutôt, ce sont les concessionnaires qui rendent difficile les maisons.

 »Quand nous recevons des clients dans nos locaux, nous leur expliquons la manière dont nous travaillons. En suite, nous allons rencontrer les concessionnaires pour leur expliquer le marché. Malheureusement, ces patrons demandent en revanche une avance très élevée, chose que nous déplorons », coupe court Alhassane Sylla, président de l’association des démarcheurs de Conakry.

Au niveau de notre association, ajoute-t-il, on demande juste le prix d’un mois, mais si les concessionnaires réclament beaucoup, on va perdre le client.

 « L’État devrait donc s’impliquer pour réglementer le secteur »,  conclut- il.

    Mariam Sylla pour zoneafrique.net

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