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Guinée : de la bataille pour l’imamat à la fermeture de la mosquée sénégalaise

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La fermeture de la mosquée sénégalaise, située à Kaloum, n’est pas du bon gout de tous les fidèles musulmans en général et les ressortissants sénégalais vivant à Conakry en particulier. Ces derniers dénoncent l’acte et exigent la réouverture définitive de cette maison divine.

Vue de la mosquée sénégalaise de Kaloum

Vue de la mosquée sénégalaise de Kaloum

La bataille pour le contrôle de l’imamat  et la paternité ont toujours miné la gestion de la mosquée sénégalaise de Kaloum.

Contacté par zoneafrique, un citoyen sénégalais vivant à Conakry, raconte la genèse du problème ayant conduit à la fermeture de cette maison de Dieu, qui n’est pas à sa première fois.

« Depuis qu’ils ont impliqué la jeunesse islamique dans la gestion de cette mosquée, ils se sont battus d’abord pour changer le nom de la mosquée, cela n’a pas marché. Nous sommes nés ici. Bientôt cette mosquée aura 100 ans. C’est nos grands parents qui avaient construit cette mosquée », rappelle Samba Diop avant d’enchainer :

«  Une mission du secrétariat général des affaires religieuses est venue ici nous imposer un imam. Pourtant la mosquée dispose de six imams compétents. Tout est parti de là, parce qu’il fallait prendre un parmi eux et mettre comme premier imam au lieu de parachuter un autre dont on ignore l’identité. Nous avons appris que ce dernier est l’ami directe du secrétaire  général des affaires religieuses.»

Furieux contre cette décision, cet autre sénégalais ayant préféré l’anonymat, s’interroge sur les motifs d’un tel acte répétitif au sein de cette mosquée, qui, selon lui, est le fruit de la contribution de 137 ressortissants sénégalais.

« L’administration de cette mosquée a toujours été gérée par des Sénégalais. C’est 137 Sénégalais qui ont fait la contribution pour acheter le terrain et construire. Malgré tout cela, il y a un lobby qui perturbe l’organisation au sein de la mosquée. On nous impose des imams par ci par là. Il y a plusieurs mosquées dans la ville, pourquoi ce seulement ici, que cela se passe », s’interroge-t-il.

Très motivés, les ressortissants du pays de la Téranga entendent impliquer les autorités sénégalaises dans la résolution définitive de conflit au sein de la mosquée.

« Cette fois ci, nous comptons régler le problème une fois pour toute. Et puis, on va impliquer les autorités Sénégalaises afin qu’on puisse trouver une solution durable », a lancé Diol Moussa.

Depuis deux semaines, la mosquée sénégalaise, vieille de 96 ans, a été fermée sous l’ordre des autorités religieuses guinéennes.

Toutes nos tentatives de joindre l’inspecteur général des affaires religieuses sont restées sans succès.

Abdoul Matlaby Baldé pour zoneafrique.net

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