Election de Macron en France : première réaction du président Condé

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Trois présidents africains, dont Alpha Condé de la Guinée, se sont exprimés sur l’élection d’Emmanuel Macron à la tête de la France. Tous ont apprécié cette victoire.

Pour Alpha Condé, cette victoire est une bonne nouvelle pour l’Afrique, qu’un jeune président vient, surtout qui n’est pas lié à la Françafrique, ni aux réseaux, et qui comprend les aspirations des peuples africains et des gouvernements africains. C’est une très bonne chose pour l’Afrique.

Ci-dessous l’intégralité de l’interview du président guinéen sur RFI

RFI : Quelle est votre première réaction après l’annonce de la victoire d’Emmanuel Macron avec plus de 65% des voix ?

Alpha Condé : Il est évident que l’on savait qu’il allait être élu. Le plus important était qu’il fallait qu’il ait plus de 60%. Moi, je l’ai rencontré lors de ma visite d’Etat en France du 11 au 14 avril. J’étais très heureux de voir qu’il adhérait aussi à la volonté aujourd’hui de l’Afrique de prendre son destin en main. Donc, c’est une bonne nouvelle pour l’Afrique, qu’un jeune président vient, surtout qui n’est pas lié à la Françafrique, ni aux réseaux, et qui comprend les aspirations des peuples africains et des gouvernements africains. C’est une très bonne chose pour l’Afrique.

Vous l’avez rencontré en effet il y a un mois. C’était à Paris lors de votre visite d’Etat. Quelle impression vous a-t-il fait ?

Non, je l’avais déjà rencontré avant quand il était ministre. Il m’a surtout montré quelqu’un qui est très ouvert et qui comprend bien le discours que je tenais sur la volonté que surtout les problèmes africains soient réglés par les Africains en accompagnement avec les pays amis.

Je pense qu’il est très ouvert, parce qu’il a montré sa volonté et surtout la vision qu’il a sur l’immigration et la coopération avec l’Union africaine et l’Union européenne pour résoudre cette question, qui est importante à la fois pour l’Europe et pour l’Afrique. Et le fait que l’on doive aider l’Afrique à se développer, particulièrement pour donner du travail aux jeunes et permettre à nos jeunes de ne plus émigrer. Je pense que ma rencontre avec lui montrait qu’il comprenait très bien ces problèmes.

Et malgré tout, ce n’est pas un socialiste, comme vous. Il dit qu’il n’est ni de droite, ni de gauche. Cela ne vous déçoit pas un petit peu ?

Mais le problème n’est pas de savoir qui est ceci, qui n’est pas cela. Le problème est de savoir quel type de politique il veut mener avec nous en Afrique. Notre problème à nous aujourd’hui, c’est le développement de l’Afrique. Que quelqu’un soit socialiste ou pas, s’il est d’accord avec notre politique pour nous accompagner, c’est ça qui est important pour nous.

Vous êtes un homme de gauche, vous avez dû regarder le débat Emmanuel Macron-Marine Le Pen, mercredi 3 mai. Qu’est-ce que vous en avez pensé ?

C’est évident que sur les questions qui nous importent, je partageais totalement le point de vue d’Emmanuel Macron. Il est évident que, en tant que président de l’Union africaine, je ne peux en aucun cas partager les positions de Marine Le Pen et donc je suis très heureux qu’Emmanuel Macron soit président.

Et quel est le point essentiel sur lequel il n’y a aucune convergence entre Marine Le Pen et vous ?

Mais, vous savez, sa position à l’égard des immigrés. Nous, nous pensons qu’on peut avoir une collaboration équilibrée avec la France, nous ne sommes pas pour quelqu’un qui veut chasser les immigrés, et nous ne sommes pas non plus pour un discours d’extrême droite.

Madame Le Pen en dessous de 40%, voire même peut-être en dessous de 35%, quelle est votre réaction ?

C’est une bonne nouvelle pour la France, parce qu’il aurait été dommage qu’elle se retrouve à 40 ou 45% pour l’image de la France. Je suis très heureux pour mes amis français, pour le peuple français, qu’elle soit au-dessous de 40%. Ce qui augure bien de l’avenir de la France parce que la France est quand même le pays des droits de l’homme et de la Révolution française.

C’est le pays quand même qui s’est battu pour défendre la liberté et les droits de l’homme dans le monde. Il aurait été dommage que le pays des droits de l’homme ait l’extrême droite à 40%. Donc, c’est une bonne chose pour le peuple français.

Et j’imagine qu’il y aura bientôt une rencontre entre vous, président de l’Union africaine, et le nouveau président français ?

Je l’espère pour que l’échange que nous avons commencé lors de ma visite d’Etat puisse continuer, pour les meilleures relations entre la France et la Guinée, mais aussi entre la France et l’Afrique.

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