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Alpha Condé s’inquiète, et nomme un général à l’Administration du Territoire

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Naby Laye Bruxelles

Naby Laye Bruxelles

Quand on est inquiet, on est agité par la crainte, l’incertitude. L’incertitude face à l’action. Après cinq ans d’exercice au pouvoir, le président guinéen, Alpha Condé, est inquiet.

Pendant tout le mandat, son inexpérience et son attachement aux structures politiques révolues, à l’ancienne, l’ont plongé dans une forme de gouvernance à tâtons. Au hasard. Sans méthode ou grande réflexion. Sa seule grande préoccupation étant de contrôler de manière absolue tous les appareils de l’Etat.

Le problème, c’est que le monde politique a qualitativement vite évolué. Les cultures nationales n’ont presque plus de frontières. Ce qui représente un sérieux obstacle aux politiciens nostalgiques des anciens modes de gestion politique.

L’échec de la politique du président Alpha Condé s’explique ainsi. Il a échoué dans tous les domaines. Il tente, par-ci, par-là, par des apparitions démagogiques, autour de quelques petites inaugurations sans importance, de faire croire aux guinéens qu’il fait bien son travail. Mais, heureusement, les temps ont changé, le guinéen ne veut plus être la dupe d’aucun ambitieux politique.

Bien évidemment, l’erreur est humaine. L’échec, aussi. Dans la réalisation de nos objectifs, tout n’est pas rose. Mais l’échec, c’est aussi une étape importante de l’apprentissage. De l’erreur, on apprend, on s’expérimente, on tire des leçons.
Cependant, lorsqu’on ne tire pas des leçons de ses erreurs, il y a neuf chances sur dix que les mêmes erreurs se répètent. La nomination au département de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, du général de l’armée, Bourèma Condé, est une volonté manifeste du président Alpha Condé de mettre la main sur tous les appareils de l’Etat, de manière absolue. Les leçons sont loin d’être tirées.

Ce ministre, ce général (qu’on qualifie de n’appartenir à aucun état major de l’armée), est un hyper partisan et l’une des personnalités de la mouvance présidentielle qui luttent pour le règne indéterminé d’Alpha Condé au pouvoir. Puisque le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation est un département de grande importance, dans l’organisation et la finalisation des données électorales, le nouveau ministre tentera de mettre en place une sorte de superstructure politique en faveur de son candidat, Alpha Condé.

Bien évidemment, le parti RPG est au pouvoir. Il nomme qui il veut dans son gouvernement. C’est son droit le plus absolu. Mais lorsque le parti s’entête, délibérément, et de manière manifeste, à vouloir jeter le pays tout entier dans une guerre civile, le patriotisme guinéen a le droit et devoir de pointer le mal, le dénoncer et le briser.

Le guinéen n’est pas dupe. L’argumentation du ministre porte-parole du gouvernement, M. Damantang Camara, autour des raisons de la nomination du général Bourèma Condé, n’est qu’une supercherie politique. C’est une honte qu’il avance que le général Bourèma Condé n’appartient à aucun état-major de l’armée. C’est-à-dire qu’il n’est attaché à aucun officier supérieur ou général pour élaborer et transmettre les ordres. Alpha Condé n’est-il pas le commandant en chef de l’armée guinéenne ?

Le général Bourèma Condé n’est-il pas attaché au commandement du chef de l’Etat ?
Le mensonge, rien que le mensonge dans toutes les formes d’activité de la gouvernance du président Alpha Condé. Une prise de conscience de la nation guinéenne sur ce fait, doit nécessairement avoir des conséquences sur les prochaines échéances électorales de 2015.

Naby Laye Camara
Bruxelles

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